Les centres de traitement de matières organiques doivent faire l’objet d’un débat public de fond
Mme Campbell a d’ailleurs pourfendu le comité exécutif qui, au moment du vote au conseil, n’avait pas encore donné suite aux nombreuses recommandations contenues dans les deux rapports de consultation de l’Office de consultation publique de Montréal (20 mars 2012 et 29 janvier 2013).
«Le comité exécutif met la charrue avant les bœufs. Plusieurs recommandations de l’Office portaient sur la gouvernance de ces nouveaux centres et sur la nécessité d’associer les citoyens par le biais de comités de suivi pour traiter notamment des enjeux du bruit et des odeurs. À ce jour, le comité exécutif est demeuré silencieux sur ses véritables intentions en regard de ces enjeux et nous sommes préoccupés de ce silence», a déploré la conseillère indépendante du district de Saint-Sulpice.
«Un débat public de fond doit avoir lieu sur la réalisation et la gestion des nouveaux centres de traitement des matières organiques. Au cours des deux consultations de l’OCPM, les citoyens et les élus ont soulevé de nombreuses questions qui demeurent sans réponse», a-t-elle ajouté.
Non au PPP
La présentation en pièces détachées du projet permet à l’administration Applebaum de taire, à ce stade-ci, son intention de passer par la formule des PPP pour réaliser et gérer le projet de centres de traitement de matières organiques, dans un contexte où les administrations municipales sont pointées du doigt pour avoir cédé leurs activités et leur expertise au secteur privé.
Tel que décrit dans le sommaire décisionnel du comité exécutif (40.004) lors de sa séance du 20 février, trois des quatre centres seront conçus, construits, entretenus et exploités par l’entreprise privée et selon des modalités et des conditions qui n’apparaissent pas au document.
«Il est tout à fait inacceptable d’ignorer les recommandations de l’OCPM et de demander aux membres du Conseil municipal d’aller de l’avant dans le dossier des centres de traitement sans avoir rendu publiques ses orientations en faveur des PPP et les avoir soumis au vote du conseil municipal. »
«Je m’oppose résolument à la privatisation de ce secteur d’activités, une orientation qui va à l’encontre des intérêts de la population et de l’administration municipale. À Montréal, nous avons déjà payé trop cher les dérives de la privatisation des services municipaux. Nous devons tirer les leçons de ce que nous a appris la Commission Charbonneau,» de conclure la conseillère Campbell. (J-S. F.)
(Source: Jocelyn Ann Campbell, conseillère indépendante)