Si Montréal s’est retrouvé sans contrat privé pour le colmatage des nids-de-poule cet hiver, c’est parce que le Bureau de l’inspecteur général (BIG) a levé le drapeau concernant d’importantes irrégularités dans la gestion de ce type de contrat. Entre autres, un fournisseur aurait été favorisé dans la rédaction de l’appel d’offres.
Claude Pinard, numéro deux de l’administration de Soraya Martinez Ferrada, s’est fait avare de commentaires en février concernant les raisons de l’annulation du contrat. Il affirmait que les soumissions reçues ne respectaient pas les exigences.
Or, c’est plutôt à la lumière d’une enquête du BIG que l’administration a décidé d’annuler le contrat. Selon le rapport annuel de l’organisme, le devis était rédigé d’une façon à ce qu’une seule entreprise ne puisse s’y conformer.
«Son devis, inspiré des exigences techniques du devis d’un autre donneur d’ouvrage, ne présentait pas tant ses besoins que le moyen à utiliser pour y répondre. Ce faisant, une seule compagnie disposait des machines nécessaires pour réaliser le travail tel qu’exigé et était en mesure de déposer une soumission conforme.»
Extrait du rapport annuel du Bureau de l’inspecteur général
Par courriel, le BIG confirme que le fournisseur en question est Environnement NRJ. Cette entreprise avait précédemment obtenu un contrat de trois ans pour appuyer les opérations de colmatage de nids-de-poule de la Ville. Ce contrat est venu à échéance le 31 décembre.
C’est l’ancienne administration qui a lancé l’appel d’offres. L’administration de Soraya Martinez Ferrada a annulé l’appel d’offres le 16 décembre.
Montréal s’est donc trouvé sans équipe d’appoint pour assister les arrondissements dans le colmatage des nids-de-poule, alors que le sud du Québec vit un des pires hivers en ce qui concerne l’état de la chaussée. L’administration Martinez Ferrada a finalement octroyé 10 contrats individuels pour du colmatage manuel.
Concurrence moindre dans l’industrie
En dehors de ce contrrat spécifique, le BIG note une diminution importante de la concurrence dans les contrats touchant les nids-de-poule sous l’administration de Valérie Plante. Entre 2017 et 2025, le nombre de soumissionnaires récurrents a chuté. Aujourd’hui, seulement cinq entreprises se partagent l’entièreté des contrats de colmatage de nids-de-poule.
Le BIG indique que cette situation comprend «des risques élevés de concurrence affaiblie, de hausse des coûts et d’accessibilité réduite pour les nouveaux entrants».
En point de presse lundi, la mairesse Soraya Martinez Ferrada souligne que son plan d’urgence du mois de février a permis de réduire les coûts.
«On a invité 60 entreprises plus petites. Et finalement, ça a coûté moins cher. On veut s’assurer d’avoir plus de gens qui peuvent soumissionner sur des contrats et avoir une meilleure compétitivité pour que les prix descendent», indique-t-elle.
