Cinq recommandations pour la culture dans l’Est de Montréal
L’Est de Montréal regroupe 37% de la population de la métropole et affiche une fréquentation culturelle supérieure à la moyenne, mais compte proportionnellement moins d’organismes et de travailleurs culturels que le reste de la ville, révèle un nouveau rapport. Culture Montréal formule cinq «ambitions» pour faire de la culture un moteur du développement de l’Est de Montréal.
Le Portrait de l’écosystème culturel de l’Est de Montréal, préparé par la firme Raymond Chabot Grant Thornton, note que l’Est demeure sous-représenté en matière d’organismes culturels et de travailleurs œuvrant dans les arts, les spectacles et les loisirs. Ce paradoxe est d’autant plus frappant que la population locale démontre un engagement culturel réel. La fréquentation totale des représentations et projections dans les maisons de la culture de l’Est atteint 174 061 entrées, soit 182 entrées par 1000 habitants, surpassant la moyenne montréalaise.
Dans le rapport, l’Est est défini comme le territoire situé à l’est de l’avenue Papineau. La majorité du Plateau-Mont-Royal et une partie de Rosemont–La Petite-Patrie sont donc exclues.
Les dépenses culturelles municipales dans l’Est sont aussi comparables à celles de l’Ouest de l’île. Ce sont donc les conditions structurelles qui doivent être optimisées, selon le rapport, pour permettre le plein épanouissement culturel du territoire.
«La culture est vivante dans l’Est puisque les citoyennes et citoyens la consomment, mais on y constate des iniquités territoriales», a déclaré Emmanuelle Hébert, directrice générale de Culture Montréal. Elle a appelé à «poursuivre les efforts de concertation autour d’une gouvernance forte, de moyens concrets et d’un plan d’action clair».
Les recommandations
Pourtant, des projets majeurs offrent des occasions concrètes d’intégrer la culture en amont des grands chantiers urbains. Le projet structurant de l’Est, le prolongement de la ligne bleue du métro, la requalification du Parc olympique et la reconversion de la Place Versailles sont autant de leviers identifiés. La mise sur pied récente du Bureau de l’Est, du Groupe d’action pour le développement de l’Est de Montréal et la relance de l’alliance Montréal, métropole culturelle créent également des conditions favorables.
« Les artistes dynamisent les milieux de vie et renforcent la vitalité des quartiers; encore faut-il leur donner les moyens d’y créer… et d’y demeurer », a souligné Nathalie Maillé, directrice générale du Conseil des arts de Montréal.
Parmi les cinq «ambitions» avancées dans le rapport, Culture Montréal avance que la culture devrait faire partie de la planification du territoire. Y compris dans les politiques publiques, les plans d’aménagement et les initiatives privées.
L’organisme souhaite aussi développer des équipements et une offre dans les déserts culturels des extrémités nord et est. En plus d’utiliser les atouts culturels du territoire, comme le Stade olympique et la Place Versailles, comme leviers d’attraction.
Les auteurs du rapport souhaitent ainsi que l’Est de Montréal devienne «un territoire culturel à part entière» qui participe au rayonnement de la métropole.
Finalement, les auteurs souhaitent que «doter le territoire d’une gouvernance culturelle à la hauteur de ses ambitions, capable de fédérer le milieu, de piloter une vision commune et d’agir de manière cohérente avec les politiques et plans culturels existants».
Consultez le Portrait de l’écosystème culturel de l’Est de Montréal:
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