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Tarifs – L’IEDM s’oppose à la politique «Achetez canadien»

Les drapeaux du Canada et des États-Unis survolent un paysage rappelant celui de Montréal.

Image générée par l'intelligence artificielle.

L’Institut économique de Montréal (IEDM) s’inscrit en porte-à-faux avec la politique «Achetez canadien» mise en place pour contrer les tarifs douaniers de Donald Trump. La politique, qui favorise les entreprises canadiennes et les matériaux canadiens dans les contrats fédéraux, pourrait entraîner une augmentation significative des coûts des projets d’infrastructure et d’approvisionnement public, indique le think tank.

Selon l’IEDM, l’adoption de clauses d’achat préférentiel pourrait faire croître les coûts des projets d’infrastructure de 4,8 à 12,2 milliards de dollars par an. Ceci se traduirait par une hausse des coûts de 124$ à 320$ par Canadien chaque année.

Impact sur la concurrence et la qualité

Vincent Geloso, économiste senior à l’IEDM et auteur de la publication, explique que l’ajout de critères de provenance réduit artificiellement la concurrence. Cela peut mener à une perte de qualité, à un coût plus élevé, ou à un mélange des deux.

En effet, chaque soumissionnaire additionnel peut réduire les coûts d’un projet de 8,3%, selon une étude américaine sur le secteur des transports. Une analyse de plus de 1,3 million d’appels d’offres au Brésil entre 2015 et 2018 arrive à une conclusion similaire, soulignant que moins les barrières à l’entrée sont élevées, meilleurs sont les résultats.

«En ajoutant des critères de provenance, on réduit artificiellement la concurrence», explique Vincent Geloso, économiste senior à l’IEDM et auteur de la publication. «Quand il est question de montants aussi importants, même une hausse de quelques points de pourcentage se traduit par des coûts substantiels pour les contribuables.»

Quelle réponse au protectionnisme américain?

La politique «Achetez canadien» fait suite aux tarifs douaniers et autres mesures protectionnistes mises en place par Donald Trump depuis son élection comme président des États-Unis. Le «Buy American Act» offre des mesures préférentielles semblables à celles du programme canadien.

En éliminant la politique canadienne, les entreprises d’ici se trouveraient-elles défavorisées des deux côtés de la frontière? L’IEDM estime que combattre le feu par le feu n’est pas la mesure appropriée.

«Ultimement, ce sont les contribuables ainsi que les entreprises qui dépendent de ces contrats qui assument les coûts d’un protectionnisme accru, que ce soit par des prix plus élevés ou par une efficacité réduite», indique M. Geloso.

Pour l’IEDM, la meilleure façon d’améliorer la compétitivité des entreprises canadiennes face à leurs concurrents américains est de réduire les obstacles internes au commerce et d’assouplir la réglementation. D’ailleurs, le gouvernement de Mark Carney a retiré les principales barrières fédérales au commerce entre les provinces. Plusieurs provinces, dont le Québec, ont proposé des mesures semblables.

Conséquences économiques

Les politiques d’achat préférentiel sont associées à des hausses de coûts tangibles. En Californie, une préférence de seulement cinq pour cent accordée aux entreprises locales a entraîné une augmentation du coût total estimée de 1,4 à 3,6%. Appliquée au Canada, cela représenterait une hausse des dépenses en infrastructures entre 4,8 et 12,2 milliards de dollars, selon les données de 2021.

De plus, une étude sur la clause «Buy American» indique que le coût net par emploi créé ou maintenu est estimé entre 111 500$ et 137 700$, dépassant largement le revenu moyen d’un Américain.

Au-delà de l’impact direct sur les coûts, la réduction du nombre de soumissionnaires freine également l’innovation et la productivité. «En réduisant la concurrence, nos entreprises deviennent plus paresseuses, car leur besoin d’innover s’en trouve réduit», explique Geloso. Cela peut rendre les firmes canadiennes moins compétitives sur les marchés mondiaux. Une autre étude montre que l’ouverture aux fournisseurs étrangers dans le cadre de l’Accord sur les marchés publics de l’Organisation mondiale du commerce a été associée à des approvisionnements plus rentables.

Vincent Geloso conclut que les politiques d’achat préférentiel, en augmentant les coûts, en diminuant la qualité et en réduisant la compétitivité, devraient être abandonnées.

Cet article a été produit par l’intelligence artificielle et édité par un journaliste. Veuillez consulter notre Politique d’utilisation de l’intelligence artificielle à des fins journalistiques pour en savoir davantage sur nos pratiques concernant l’IA. Pour toute question, contactez Olivier Robichaud, rédacteur en chef, à l’adresse orobichaud@journalmetro.com.

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