La scène politique québécoise réclame la tête de Michael Rousseau, PDG d’Air Canada, pour un message de condoléances en anglais seulement destiné aux personnes touchées par la collision d’un avion à l’aéroport Laguardia, à New York.
La vidéo a été diffusé lundi sur la page Facebook d’Air Canada. M. Rousseau commence avec «Hello, bonjour», puis poursuit son message entièrement en anglais. La vidéo est soutitrée dans les deux langues officielles.
Or, Air Canada est soumise à la Loi sur les langues officielles. C’était une des conditions de la privatisation du transporteur aérien dans les années 1980. Les services et les communications de l’entreprise doivent donc être disponibles dans les deux langues.
D’autant plus qu’un des deux pilotes ayant perdu la vie dans l’accident est Antoine Forest, un Québécois francophone. Les autres membres de l’équipage étaient également francophones, y compris l’agente de bord qui a survécu malgré son éjection de l’appareil.
Sur X, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a invité M. Rousseau à se poser des questions sur son avenir. «À la lumière de ce manque de respect triste et grossier à l’endroit des proches et de la famille du pilote de Coteau-du-Lac, Antoine Forest, Québécois francophone, le patron d’Air Canada doit se demander très sérieusement s’il ne s’est pas clairement disqualifié pour la fonction qu’il occupe.»
«Si M. Rousseau n’est pas en mesure de remplir les exigences linguistiques de base liées à ses fonctions, il doit tirer les conséquences qui s’imposent et quitter son poste», affirme pour sa part la coporte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal.
«Cette situation est inacceptable. Le PDG de la plus grande compagnie aérienne du pays, qui dessert quotidiennement des millions de francophones et qui reçoit de l’argent public, doit être capable d’offrir ses condoléances à la famille d’un de ses employés francophones, c’est la moindre des choses.»
Selon divers médias, le premier ministre François Legault et le ministre Simon Jolin-Barrette ont également réclamé la démission de Michael Rousseau à leur arrivée à l’Assemblée nationale mardi.
Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a affirmé que le premier ministre a «manqué de jugement», sans demander sa démission.
Michael Rousseau a été convoqué par le Comité permanent des langues officielles pour s’expliquer.
Un récidiviste
Ce n’est pas la première fois que Michael Rousseau devient la cible de tirs groupés pour l’absence de français dans ses communications. En 2021, il a prononcé un discours entièrement en anglais lors d’un passage devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
Questionné sur l’absence du français dans un événement public à Montréal, le PDG d’Air Canada n’a offert ni explication ni excuses. Il a plutôt affirmé qu’il vivait à Montréal depuis 14 ans sans avoir à parler français «et que c’est tout à l’honneur de Montréal».
Il s’est excusé quelques jours plus tard et a promis d’apprendre le français. Quatre ans plus tard, il se faisait toujours critiquer pour sa non-maîtrise de la langue de Molière.
Sous sa gouverne, Air Canada a été visé plusieurs fois par le Commissariat aux langues officielles pour le manque de services en français. Depuis le discours de novembre 2021, le Commissariat a reçu plus de 3000 plaintes concernant Air Canada.
