Le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral ont annoncé mardi la signature de cinq ententes d’infrastructures totalisant près de 10 milliards de dollars. Les sommes, réparties entre le transport collectif, la santé, le logement et l’enseignement supérieur, constituent l’une des plus importantes injections de fonds fédéraux au Québec en matière d’infrastructures.
Les sommes seront versées au gouvernement du Québec sur des horizons variant de trois à dix ans, selon les ententes. Elles permettront de financer de nombreux projets, notamment l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l’entretien du métro de Montréal et la construction du tramway de Québec.
Les premiers ministres du Québec et du Canada, Christine Fréchette et Mark Carney, en ont fait l’annonce conjointement mardi, dans un garage du Réseau de transport de Longueuil.
«On annonce près de 10 milliards de dollars qui seront investis chez nous, dans des projets choisis par et pour les Québécois», se réjouit la première ministre Fréchette. Celle-ci affirme qu’elle n’a fait aucune concession sur les pouvoirs du Québec. Jusqu’ici, cette question était pointée du doigt comme blocage principal dans les discussions.
Le transport collectif, principal bénéficiaire
La majeure partie des sommes annoncées — plus de 6,1 milliards de dollars — est consacrée au transport collectif, répartie entre trois ententes distinctes.
Le volet Financement de base du Fonds pour le transport en commun du Canada (FTCC) prévoit un investissement de 1,329 milliard de dollars sur dix ans. Ces sommes serviront à soutenir la construction, le maintien et la modernisation d’infrastructures de transport collectif, notamment l’agrandissement de garages et de centres d’entretien, l’acquisition d’équipements et la modernisation de stations de métro.
Le volet Projets structurants du même fonds représente l’enveloppe la plus importante de l’annonce, soit 4,4 milliards de dollars. Le Québec obtient ainsi 26,6 % de l’enveloppe fédérale consacrée à ce volet – soit plus que ce qui était attendu.
Enfin, une troisième entente, relative au Fonds pour le transport en commun à zéro émission (FTCZE), prévoit le versement de 459 millions de dollars. Onze projets d’électrification des transports collectifs dans plusieurs régions du Québec seront soutenus à hauteur de 400 millions de dollars dans le cadre de cette enveloppe.
La liste complète des projets admissibles sera confirmée ultérieurement par les deux gouvernements. M. Carney et Mme Fréchette ont toutefois indiqué que les sommes serviront notamment à la construction du Tramway de Québec. La Société de transport de Montréal (STM) pourra aussi enfin boucler le financement du prolongement de la ligne bleue.
La STM recevra aussi un coup de main pour l’électrification de ses centres de transport. 3L’ancienne administration avait dû mettre de côté l’électrification du nouveau Centre de transport Bellechasse pour limiter les coûts du projet.
Un milliard pour la santé, dont HMR
Le volet santé du Fonds pour bâtir des collectivités fortes (FBCF) permettra au Québec d’obtenir un milliard de dollars d’ici 2028-2029. Ces investissements soutiendront des projets de modernisation, d’agrandissement ou de construction dans plusieurs établissements, dont l’Hôtel-Dieu de Lévis, l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal, l’Hôpital de Jonquière, l’Hôpital de Chicoutimi, le futur Centre hospitalier universitaire de l’Outaouais et l’Hôpital Charles-Le Moyne à Longueuil.
Pour HMR, l’annonce s’ajoute aux 700 millions de dollars confirmés en avril dernier par le gouvernement Fréchette pour amorcer les travaux préparatoires et finaliser les plans et devis du futur hôpital.
La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a souligné l’ampleur du rattrapage à réaliser. «Les besoins en santé sont immenses partout au Québec. […] Cette entente nous donne les moyens d’accélérer la réalisation de projets prioritaires déjà prévus afin d’offrir à la population des installations modernes», a-t-elle déclaré.
Logement et enseignement supérieur: 2,7 milliards d’ici
Le deuxième volet du FBCF prévoit près de 2,7 milliards de dollars versés au Québec d’ici 2035-2036 pour des infrastructures liées au logement, à l’enseignement supérieur et aux systèmes d’approvisionnement en eau potable.
Ces sommes financeront notamment la construction de logements étudiants, la rénovation et la modernisation des cégeps et des universités québécoises. La ministre de l’Enseignement supérieur, Martine Biron, a indiqué que les investissements permettront d’augmenter les capacités d’accueil des résidences étudiantes, «notamment en région», et de répondre à la hausse de clientèle dans le réseau postsecondaire.
Du côté du logement, l’entente permettra d’ajouter les infrastructures essentielles à la construction de nouveaux milieux de vie.
Des besoins criants
La question des infrastructures est sur toutes les lèvres depuis quelques temps. Les infrastructures du Québec, notamment les infrastructures municipales et les infrastructures de transport, ont principalement été construites dans les années 1950 et 1960. Une après l’autre, elles arrivent en fin de vie utile.
Le mois dernier, un nouveau rapport montrait que le rythme actuel d’investissements ne permettrait pas de rattraper le déficit d’entretien des infrastructures.
Le ministre provincial des Finances, Eric Girard, rappelle que 71% des investissements prévus au Plan québécois des infrastructures sont consacrés au maintien et à la modernisation des actifs existants.
