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Juste pour rire laisse tomber Julien Lacroix

Julien Lacroix

Julien Lacroix

Moins d’un jour après avoir annoncé un partenariat avec Julien Lacroix, Juste pour rire fait volte-face. L’entreprise ne produira finalement pas le prochain spectacle de l’humoriste, accusé en 2020 de diverses inconduites sexuelles.

«Nous avons écouté aujourd’hui, nous avons reconsidéré notre décision, nous la regrettons et nous corrigeons», a déclaré le président et directeur général du groupe, Sylvain Parent-Bédard, dans un communiqué diffusé vendredi. L’entreprise a présenté ses excuses aux personnes ayant été heurtées par l’annonce initiale et a admis que sa décision première «n’était pas la bonne».

Une annonce qui a provoqué une onde de choc

La décision de Juste pour rire de se rétracter survient après une vive réaction dans le milieu de l’humour et au sein du public. La veille, l’entreprise avait annoncé prendre Lacroix sous son aile dans le cadre d’une stratégie visant à renforcer son rôle comme producteur de tournées humoristiques au Québec.

Des voix se sont rapidement élevées pour dénoncer cette collaboration. Les humoristes Coralie LaPerrière et Emna Achour, coanimatrices du balado Farouches, ont notamment qualifié la décision de «gros fuck you aux femmes et aux survivantes». Elles ont également critiqué l’absence de mesures concrètes de protection au sein de l’industrie de l’humour depuis les premières vagues de dénonciations en 2017, lorsque le fondateur du groupe, Gilbert Rozon, avait lui-même été visé par des allégations d’agressions sexuelles.

Les humoristes Christine Morency et Erich Preach se sont également prononcés sur leurs comptes Instagram. Chacun.e a affirmé être «en tabarnak» contre Juste pour rire pour leur décision de s’associer avec Julien Lacroix.

«Je suis déçue de mon milieu», a dit Mme Morency dans une story affichée sur Instagram.

Preach s’est prononcé en format vidéo, allant même jusqu’à s’attaquer à Sylvain Parent-Bédard.

Une décision «performative»

Contactées par Métro pour une réaction, Coralie Laperrière et Emna Achouf, doutent de la sincérité de Juste pour rire. Elles affirment toutes deux qu’il s’agit d’une décision «performative».

«Pour moi, ils ont affiché leurs vraies couleurs. Ce n’est pas la première fois qu’ils endossent des comportements répréhensibles. (…) Tant qu’il n’y aura pas de profonde remise en question, pour moi pour le moment c’est performatif», affirme Mme Achouf.

Même son de cloche du côté de Mme Laperrière.

«Je suis contente que Juste pour rire a décidé d’écouter ses artistes qui se sont prononcés contre Julien Lacroix, mais en même temps pour moi ce n’est qu’une énième preuve que ce système-là est comoplètement brisé.»

Mme Laperrière juge que Juste pour rire est «déconnecté de la réalité du milieu».

Un retour progressif depuis 2020

En 2020, neuf femmes avaient rapporté au Devoir avoir subi des inconduites sexuelles de la part de Julien Lacroix. L’humoriste avait alors mis sa carrière sur pause et entrepris un processus thérapeutique. En 2024, son spectacle autoproduit Le temps au temps avait été présenté lors de plus de 150 représentations, attirant près de 40 000 spectateurs. La captation intégrale diffusée sur YouTube a depuis cumulé plus de 600 000 visionnements.

Certaines des femmes l’ayant dénoncé, dont son ex-conjointe Geneviève Morin, avaient par la suite exprimé publiquement leur souhait de le voir reprendre sa vie et sa carrière.

Un groupe lui-même fragilisé

Juste pour rire traverse sa propre période de turbulences. Après les accusations visant Gilbert Rozon — acquitté au criminel mais toujours visé par une poursuite civile — et des difficultés financières importantes, le groupe a déclaré faillite en 2024 avant d’être racheté par ComédiHa!. C’est dans ce contexte que la nouvelle direction, avec Sylvain Parent-Bédard à sa tête, cherche à repositionner l’entreprise.

Dans son communiqué de rétractation, le groupe affirme vouloir «continuer d’être un acteur rassembleur dans la communauté et l’industrie de l’humour, et plus largement dans la société québécoise».

Cet article a été rédigé par un journaliste avec l’assistance de l’intelligence artificielle. Veuillez consulter notre Politique d’utilisation de l’intelligence artificielle à des fins journalistiques pour en savoir davantage sur nos pratiques concernant l’IA.

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