Le CA du Collège Villa Maria viré, l’école à la croisée des chemins
Coup de théâtre dans le dossier qui oppose le Collège Villa Maria aux Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame. La Congrégation, qui a fondé le Collège et conserve un pouvoir de nomination pour les membres du conseil d’administration, a décidé de remplacer prématurément quatre administrateurs et d’en ajouter cinq autres. Leur mandat: mettre fin à la poursuite intentée par le Collège contre la Congrégation et trouver une solution pour assurer l’avenir de l’institution après 2030.
Le conseil d’administration sera désormais présidé par Suzanne Gouin. Elle remplace Catherine Maheu, qui présidait le CA au moment du dépôt de la poursuite.
Métro a contacté Mme Maheu. Elle n’a pas souhaité commenter le dossier.
Dispute sur l’avenir de l’école
C’est que l’ancien CA du Collège et les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame ne s’entendaient pas sur l’avenir du Collège Villa Maria. La Congrégation souhaite vendre le Domaine Villa Maria, un complexe à l’angle du boulevard Décarie et du chemin de la Côte-Saint-Luc qui comprend le terrain de l’école.
Le bail du Collège vient à échéance en 2030 et ne sera pas renouvelé. Le Collège a fait une offre d’achat, souhaitant répéter l’expérience du Collège Marianopolis. Mais la Congrégation souhaite passer par un appel de propositions, ce qui pourrait lui permettre d’avoir un meilleur prix.
L’argent sera utilisé pour relocalisé les soeurs et assurer leurs dernières années – la moyenne d’âge est de 88 ans. Un fonds sera aussi créé pour venir en aide aux élèves vulnérables des écoles publiques.
L’an dernier, le Collège Villa Maria a décidé de poursuivre la communauté religieuse qui l’a créé afin de le forcer à lui vendre le terrain de l’école.
«Les dirigeants du Collège Villa Maria ont été informés depuis 2020 de la fin du bail et du non-renouvellement de celui-ci après juillet 2030. Les cinq dernières années ont été marquées par des recours juridiques qui n’ont malheureusement mené à aucune solution concrète, mais à des dépenses en frais d’avocats et de consultants de plusieurs millions de dollars», dénonce la Congrégation dans un communiqué émis jeudi.
Trouver un nouveau site
Suzanne Gouin et sa nouvelle équipe devront donc trouver un autre site pour poursuivre les activités du Collège Villa Maria. Plusieurs sites seraient déjà en cours d’évaluation.
«Une institution scolaire n’est pas caractérisée par ses murs, mais par les personnes qui la font vivre : les élèves, les enseignants, les familles et le personnel. Nous travaillerons avec la Congrégation et avec l’ensemble de la communauté scolaire afin d’assurer la poursuite de la mission éducative du Collège Villa Maria», indique Mme Gouin.
Suzanne Gouin sera épaulée, entre autres, par l’ancien ministre Rémy Trudel. Pour la première fois depuis plusieurs années, une membre de la Congrégation intègre le CA. Il s’agit de Sœur Francine Landreville, qui a déjà été directrice des études de l’institution.
«Les démarches que nous annonçons aujourd’hui visent à assurer que la mission éducative du Collège Villa Maria continue de se déployer, dans un esprit d’ouverture envers la communauté. Nous cherchons une avenue pérenne pour le futur de cette institution que nous avons fondée il y a 170 ans», affirme Soeur Francine.
Mme Gouin a été administratrice de nombreux CA, y compris à la Banque Laurentienne, la Société d’habitation du Québec, la Fondation du Grand Montréal et Hydro-Québec. Elle a également occupé des postes de direction chez TV5 Québec Canada et Transcontinental.
Les autres membres du CA sont:
- Rémy Trudel, ex-recteur de l’UQAT et ex-ministre;
- Sœur Francine Landreville;
- Me Charles Denis, avocat;
- Éric Faucher, ex-directeur général du Collège Mont Notre-Dame à Sherbrooke;
- Éveline-Louise Gagné, consultante en ressources humaines;
- Suzie Prince, directrice exécutive de l’administration et des finances de Les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame;
- Gilles Charland, ancien sous-ministre et ancien vice-président de la FTQ;
- Me Julie Favreau, avocate et fondatrice de Fi3;
Une version précédante de cet article indiquait que les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame refusaient de vendre le terrain à l’école. En réalité, elles ont seulement décidé d’y aller par appel de propositions.