Une armée de bénévoles s’active en ce moment pour aider 800 familles au Magasin-Partage de Noël d’Hochelaga-Maisonneuve, le plus gros de l’Île de Montréal. Visite guidée de ce marché de fortune en compagnie de son maître d’œuvre, Rim Bouallegue.
Vingt-quatre familles à l’heure. C’est l’objectif que s’est donné l’équipe du Magasin-Partage cette année. Pour servir tout le monde sans délai, plus de 200 bénévoles fonctionnent à la chaîne.
«On a mis des gens à l’accueil, au café, à la cuisine, à l’accompagnement, aux tables d’aliments, aux cadeaux, à l’approvisionnement, à la gestion des stocks, aux caisses, à l’emballage, puis à la livraison», s’essouffle Mme Bouallegue, d’un calme étonnant dans toute l’agitation ambiante.
L’église Saint-Barnabé Apôtre se transforme en magasin à grande-surface du 15 au 17 décembre. Les bénévoles ont pour mandat de répondre à des centaines de personnes dans le besoin venues s’approvisionner pour le temps des Fêtes.
Mercredi après-midi, tout se déroule tel que prévu lors de la répétition qu’on fait les organisateurs, quelques semaines avant l’événement. Jusqu’ici, aucun retard dans l’arrivée des clients et des livraisons, réglées au quart de tour. On se croise les doigts. Les paniers vont et viennent dans les allées, sur les rythmes du temps des Fêtes que projette un système de son au fond de la salle.
«Nous avons dû tester notre manière de fonctionner, se chronométrer, pour vraiment voir si on pourrait répondre à autant de gens», indique Mme Bouallegue, entre deux questions de bénévoles inquiets de ne pouvoir répondre à un client qui a manqué son rendez-vous de la veille.
Au passage de TC Media, la première vague de bénévoles venait de quitter son poste. Au tour du groupe de 12h30 de leur emboîter le pas, jusqu’au prochain changement à 16h30. D’ici la fin de la journée, ils auront répondu à près de 270 familles, et répéteront l’expérience le lendemain.
Michel, bénévole et client du Magasin-Partage pour la cinquième année, lance des fleurs aux organisateurs.
«Je suis toujours content d’aider [le CAP Saint-Barnabé]. Je suis là deux jours par semaine. C’est valorisant d’aider les autres, confie-t-il, prêt à garnir son panier. Moi, mon tour est à 18h.»
Il aura droit, comme les 800 familles, à un cadeau de Noël adapté à ses besoins, un bonus qu’ont permis les dons de plusieurs commanditaires.
«Le but est de donner un panier et de laisser les gens magasiner dans la dignité, comme dans un grand magasin: ils choisissent les aliments et leurs cadeaux, puis passent à la caisse», fait valoir l’organisatrice.
Des mois de préparation
Si tout va bien sur le terrain, c’est que l’équipe, formée d’employés du CAP Saint-Barnabé, mais aussi de plusieurs organismes du quartier, prépare ces trois journées depuis le mois de septembre.
«Les gens voient qu’on fait un magasin en septembre, puis à Noël, mais ne voient pas toute l’organisation derrière», estime la coordonnatrice.
Après avoir formé l’équipe, les responsables ont préparé les inscriptions, recruté des bénévoles, fait des campagnes de visibilité et de financement, puis ont garni les armoires.
Aux dons du regroupement des Magasins-Partage s’ajoutent des aliments achetés spécialement pour l’occasion: dindes et tourtières, comme la tradition le veut bien.
Le Magasin-Partage d’Hochelaga-Maisonneuve en est aussi un qui s’est adapté à sa clientèle.
«Pour les personnes à mobilité réduite ou les personnes âgées, tout s’est fait au téléphone. L’inscription, mais aussi le magasinage. On leur dit ce qu’il peuvent acheter, au téléphone dans les allées», raconte Mme Bouallegue.
La coordonnatrice, qui se dit ingénieure en gestion d’événements, en est à son troisième Magasin-Partage à Montréal. Pour elle, pas de doute, c’est mission accomplie pour son armée de bénévoles.
