Vieillissement et immigration – La population du Québec en baisse
La population du Québec a légèrement reculé en 2025 selon le Bilan démographique publié mardi par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ). Une première depuis que l’Institut compile cette donnée.
Au 1er janvier 2026, la province comptait 9,03 millions d’habitants, soit 9 600 personnes de moins qu’un an plus tôt (-0,1%). La région de Montréal, qui avait tiré la croissance démographique québécoise vers le haut au cours des années précédentes, voit sa croissance fondre comme neige au soleil. Après avoir atteint une croissance de presque 3,4% en 2024, le taux a chuté à 0,26% l’an dernier.
Ce repli fait suite à une période de croissance exceptionnellement forte entre 2022 et 2024, alimentée en grande partie par une immigration temporaire sans précédent. La situation s’est inversée en 2025: les migrations internationales n’ont pratiquement pas généré de croissance nette, avec un solde estimé à seulement 450 personnes (+0,01%). Le nombre de résidents non permanents présents au Québec a chuté de 51 400 personnes pour s’établir à 514 050 au 1er janvier 2026, contre 565 450 un an auparavant.
C’est la plus importante diminution depuis au moins dix ans, y compris pendant la pandémie de COVID-19.
Ce phénomène concorde avec le resserrement des politiques migratoires fédérales après l’élection de Mark Carney et la fin du Programme de l’expérience québécoise.
Ce recul de l’immigration temporaire a été particulièrement marqué à Montréal. Le taux de migration internationale est passé de plus de 4,5% de la population à moins de 1,5%.
Ailleurs au Canada, les baisses de la population (-0,29%) et de l’immigration (-0,41%) ont été encore plus fortes qu’au Québec.
Le déficit migratoire total – migrations internationales et interprovinciales combinées – est estimé à -7150 personnes. Les échanges avec les autres provinces ont, comme à l’habitude, été défavorables au Québec, avec un déficit interprovincial de 7 600 personnes. À l’échelle régionale, Montréal avait figuré parmi les deux années précédentes comme la région avec la plus forte croissance de toute la province; en 2024-2025, elle figurait au contraire parmi les régions à la croissance la plus faible.
Naissances et décès
À ce déficit migratoire s’ajoute un déficit naturel: les décès ont surpassé les naissances pour la deuxième année consécutive. Le Québec a enregistré 80 450 décès en 2025, contre 78 200 naissances, soit un déficit naturel de 2 250 personnes.
Les pertes ont été aggravées par deux épisodes de surmortalité grippale, en fin de février et en fin de décembre, qui ont porté le nombre de décès à 4% au-dessus de la tendance prépandémique attendue.
Parallèlement, la fécondité au Québec demeure à des niveaux historiquement bas. L’indice synthétique de fécondité est estimé à 1,36 enfant par femme en 2025, en légère hausse par rapport au creux historique de 1,35 atteint en 2024. Les 78 200 naissances enregistrées représentent tout de même 800 de plus qu’en 2024, soit une hausse de 1%.
La tendance à remettre la maternité à plus tard se confirme: l’âge moyen des mères à la naissance d’un premier enfant a atteint 30,2 ans.
Comme d’habitude, la région de Montréal se démarque comme celle où la fécondité est la plus basse de toute la province, et de loin, avec un indice de 1,14 enfant par femme en 2025. Ce chiffre reflète la tendance des familles à quitter la métropole pour les banlieues nord et sud après un premier ou un second enfant.
Compte tenu du poids démographique de la métropole, cette faiblesse tire la moyenne provinciale vers le bas.
L’espérance de vie se maintient
Les épidémies de grippe de 2025 n’ont pas sensiblement modifié l’espérance de vie, qui s’établit à 84,4 ans chez les femmes et à 81,1 ans chez les hommes. Ces valeurs sont comparables à la moyenne depuis 2016. Le Québec conserve ainsi l’une des espérances de vie les plus élevées au monde, devançant le reste du Canada.
Montréal se classe au deuxième rang provincial avec une espérance de vie de 83,6 ans, derrière Laval qui détient le sommet à 84,3 ans. Fait notable: entre 2017-2019 et 2023-2025, Montréal est l’une des régions qui a enregistré la plus forte progression de l’espérance de vie, avec un gain de 0,5 an.
Une tendance à la régionalisation de l’immigration
Si Montréal accueille toujours la part la plus importante des nouveaux arrivants permanents, cette proportion diminue graduellement. En 2024-2025, 45% des personnes admises comme résidents permanents avaient Montréal comme région de résidence, contre 47% l’année précédente et environ 75% il y a vingt ans. Cette régionalisation de l’immigration représente un changement structurel progressif dans la répartition de la population à l’échelle provinciale.
Au total, le Québec a accueilli 60 150 nouveaux immigrants permanents en 2025, un chiffre légèrement supérieur aux 59 400 de 2024. Ce gain n’a cependant pas suffi à compenser la forte diminution des résidents non permanents, qui a tiré vers le bas le bilan migratoire global de la province, et de Montréal en particulier.
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