Fusillade à Marieville: le présumé tireur se cachait à Roxton Pond
Deux personnes ont été tuées et une autre est grièvement blessée après avoir été ciblées lors d’une fusillade sur le terrain d’un commerce de ferrailles à Marieville, mercredi vers 18h.
Le corps de Daniel Massé, l’homme de 59 ans qui serait l’auteur de la fusillade, a été retrouvé jeudi sans vie dans son véhicule par deux citoyens dans un secteur isolé de Roxton Pond.
Opération – Marieville : Un homme décédé était à l’intérieur du véhicule et tout porte à croire qu’il s’agirait de Daniel Massé.
— Sûreté du Québec (@sureteduquebec) July 9, 2015
La thèse du suicide n’a pas été écartée par les policiers.
Les autorités ont été alertées par Claudette Chaput et Roland Dumaine, vers 15h45, jeudi. Ces derniers avaient vu la description du suspect et de sa Jetta noire 2002 dans un bulletin télévisé plus tôt dans la journée. Ils ont localisé le véhicule dans une entrée de cour d’un chalet du chemin Chaput. «On n’est pas allé voir dans le véhicule. À la télé, ils ont dit qu’il pouvait être armé et de ne pas l’approcher», a raconté M. Dumaine à TC Media. D’après ses dires, l’automobile est stationnée dans une entrée privée, à 30 pieds du chemin Chaput.
«Le citoyen a conduit les policiers jusqu’au véhicule de Daniel Massé. À l’intérieur, il y avait un homme inanimé», a confirmé le sergent Claude Denis, porte-parole de la Sûreté du Québec. Des expertises doivent être menées, dont une identification formelle du corps et une autopsie, mais tout porte à croire que la dépouille mortelle est celle de Daniel Massé. Une scène de crime est érigée sur le chemin Chaput à Roxton Pond. Une camionnette du Service de l’identité judiciaire de la Sûreté du Québec est arrivée sur les lieux vers 18h15. La morgue est arrivée 30 minutes plus tard.
«Une connaissance»

Daniel Massé a rendu visite à Claudette Chaput, qui réside sur le chemin Chaput à Roxton Pond, mercredi soir. Il avait garé sa voiture derrière la maison de Mme Chaput. Visiblement intoxiqué, il est demeuré chez elle de 20h30 à 21h45. La fusillade a eu lieu vers 17h45 à Marieville, à une cinquantaine de kilomètres de là.
«Il est venu nous conter des histoires. Il était dans la brume», a témoigné Roland Dumaine, un ami de Claudette Chaput. «Il parlait de tirer les hommes qui abusaient des petits enfants», a ajouté la dame.
Craignant pour leur sécurité, Roland Dumaine a demandé à Daniel Massé, à quelques reprises, de quitter l’endroit. «Je lui ai dit de s’en aller. Je l’ai suivi pour être sûr», ajoute-t-il.
D’après les témoins, Daniel Massé aurait passé la nuit dans le secteur du chemin Chaput, à Roxton Pond. Claudette Chaput affirme que l’homme a téléphoné à de multiples reprises chez elle au cours de la nuit.
En voyant aux nouvelles jeudi avant-midi que Daniel Massé était recherché par la police, M. Dumaine, un résidant d’Acton Vale, est retourné chez Mme Chaput pour l’avertir. C’est à ce moment qu’il a localisé la voiture de Massé dans une entrée de cour d’un chalet. Ils ont communiqué avec la police.
Claudette Chaput n’avait pas vu Daniel Massé depuis un an. Elle le qualifie de «connaissance». Massé courait les encans agricoles avec le frère de la dame. «Il cherchait un trou pour se cacher», a avancé Roland Dumaine, pour expliquer la présence du criminel.
D’après nos informations, Daniel Massé, qui a déjà résidé à Saint-Paul-d’Abbotsford, a été reconnu coupable de deux infractions à la Loi sur les Pêches en 2009 et 2010. Il a été condamné à payer des amendes de 100$ et de 250$. Il n’aurait pas d’autres antécédents criminels.
Retour sur la fusillade
La fusillade de mercredi soir s’est produite à proximité de l’intersection des chemins des Trente-Six et Branche du Rapide. La victime grièvement blessée, Éric Choquette, âgé de 47 ans, est maintenant hors de danger.
Le sergent Claude Denis a souligné également qu’une femme a subi un violent choc nerveux, mais n’a pas subi de blessures physiques.
Les deux hommes qui ont été abattus seraient Marcel Émond et Michel l’Italien, selon des informations qui n’ont pas encore été confirmées par la SQ.
Les motifs entourant cette fusillade ne sont pas connus pour le moment et les policiers se font avares de commentaires.
En milieu d’après-midi, un hélicoptère de la SQ a été aperçu dans le secteur de Sainte-Madeleine près de la route 116. La police a confirmé qu’il s’agissait d’une opération en lien avec cette enquête. Ces vérifications sont basées sur des informations provenant du public depuis la diffusion de la photo du suspect et de la description de la voiture.
Une dizaine d’autopatrouilles, plusieurs membres du Groupe d’intervention tactique (GIT) et des maître-chiens ont ratissé le terrain pendant près de 24 heures. Un hélicoptère a également survolé les lieux pendant plusieurs heures.
Personne n’a été évacué par la police. Ce sont plutôt les quelques familles à proximité qui ont décidé par elles-mêmes de quitter les lieux.
«Ça saignait de partout»

La mère de la victime blessée gravement dont l’identité est connue, Léonne Burelle-Choquette, a entendu au moins trois coups de feu avant de voir apparaitre son fils recouvert de sang.
«Éric était partie montrer un tracteur à gazon à un client pour qu’il l’achète. Il est revenu en courant et il m’a dit: « Vite vite, embarque, tu vas te faire tirer! »», a raconté mercredi la dame, ébranlée par les événements.
Son fils a été atteint par balles dans un bras. «Ça saignait de partout», témoigne-t-elle.
Selon Serge Meunier, un voisin du secteur, Éric Choquette était un homme assez discret et n’habitait pas chez sa mère. Il venait régulièrement donner un coup de main à sa mère pour des travaux manuels.
La cour de ferrailles où s’est produite la fusillade a déjà appartenu à Mme Choquette, qui l’aurait vendu depuis, selon M. Galaneau, un autre voisin. «Je suis natif de la place, je ne connais pas les gens mais s’ils étaient liés au crime organisé, ça serait plausible», suppose-t-il. «J’habite dans une fermette, j’habite ici pour avoir la paix. Je ne connais pas vraiment mes voisins», a-t-il ajouté.
Cécile Boivin, propriétaire du vignoble Mariebeaubois, se préparait à faire sortir ses chiens pour lorsqu’elle a entendu deux coups de feu. Quelques minutes plus tard, à bord de sa voiture, elle a croisé des autopatrouilles de la SQ
«On ne pense jamais qu’il va arriver quelque chose du genre dans un si petit coin tranquille», estime celle qui affirme ne pas avoir de liens avec la famille de la victime gravement blessée.
«Ce ne sont pas des voisins recommandables. On sait rien et on veut rien savoir autant que possible», souligne-t-elle.
Avec la collaboration d’André Corbeij et d’Annabelle Baillargeon