Montréal : un poids économique «crucial» pour le Québec, selon Françoise Bertrand
Pour la présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), Françoise Bertrand, il ne fait pas de doute que sans la force économique de Montréal, «le Québec serait bien mal en point». Son poids dans la province est «important, crucial», a-t-elle martelé lors de son allocution «L’économie de Montréal en 2013: réflexions et perspectives» prononcée le 17 janvier devant les membres de la Chambre de commerce et d’industrie du Sud-Ouest de Montréal.
Montréal n’est «pas une ville centre: c’est une ville moteur», a insisté Mme Bertrand rappelant que son économie représente la moitié du produit intérieur brut (PIB) du Québec. C’est aussi la majorité des exportations.
La FCCQ a identifié de grands enjeux en regard à la santé économique si essentielle de la métropole. Françoise Bertrand a évoqué, entre autres, l’accroissement de la productivité, la relance du secteur manufacturier, l’appui à celui de la construction.
La relance du secteur manufacturier est essentielle, a soutenu la présidente expliquant que la FCCQ a mis sur pied un comité de travail qui s’est penché sur cette question et qui fera des propositions au gouvernement Marois pour accroître la productivité et appuyer l’innovation. «Sans innovation, on est condamné à devenir désuet» et à perdre des parts de marché, a-t-elle livré comme mise en garde.
Autre secteur névralgique dont il faut prendre soin: celui de la construction. Les histoires de corruption exposées dans les médias et la commission Charbonneau ont entaché l’industrie et certains de ses acteurs. Or «il faut faire attention de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain», a mis en garde Françoise Bertrand. «Il est «temps de retrouver une fierté à l’égard d’un pilier de l’économie», a-t-elle lancé soulignant qu’en 2008, les investissements dans les projets d’infrastructures ont aidé le Québec à traverser la crise financière. Pour mousser cette fierté, le concours Les Mercuriades de la FCCQ a d’ailleurs créé un nouveau prix pour le secteur de la construction, a signalé Mme Bertrand.
Ventant la «capacité de recherche et d’innovation» de Montréal, la présidente a montré du doigt un autre segment de l’économie qui doit retenir notre attention, le bio-pharmaceutique. «Le secteur s’est essoufflé et a besoin d’un redressement», a-t-elle constaté.
Croissance et acquis sociaux
La province ne peut donc se passer d’une ville de Montréal affichant une belle santé économique. D’autant plus que depuis la crise de 2008, le Québec «traverse une période économique difficile», a mentionné Françoise Bertrand.
Au cours des 25 dernières années, la croissance annuelle a été en moyenne de 2% au Québec. En 2012, on a connu une croissance économique inférieure à 1%. En 2013, on pourrait atteindre 1,5%, a indiqué Mme Bertrand. Sauf que pour financer des programmes sociaux toujours plus coûteux, «ce niveau de croissance sera nettement insuffisant», a-t-elle prédit. «Si on veut maintenir nos acquis sociaux, on doit créer de la richesse, stimuler la croissance économique.»
La FCCQ a une bonne idée du chemin qu’il faut emprunter pour atteindre cet objectif. L’organisme a élaboré une vision économique 2012-2020 qui comporte quatre grands axes d’action: accroître la productivité, mettre en valeur l’entrepreneuriat, attirer les investissements étrangers et encourager un État facilitateur du développement.
Au chapitre de la productivité, le défi est très immédiat, a averti Françoise Bertrand. «Dès l’an prochain, le Québec devra faire face à une diminution du nombre de personnes en âge de travailler», a-t-elle fait observer. C’est bien simple, a dit la présidente: «Si nous n’améliorons pas notre productivité, nous n’aurons pas les moyens de nous payer nos services actuels».